mercredi 4 décembre 2013

Visite chez Poséidon France - Détection assistée par ordinateur des noyades en piscine publique

Poséidon, c'est le système d'aide à la prévention des noyades qui équipe plus de 200 piscines en France et à l’étranger et qui a déjà contribué à la préservation de vies humaines en détectant plusieurs dizaines de noyades, offrant au personnel de surveillance la possibilité d’intervenir dans les meilleurs délais.



La question de la vidéodétection (ou de la surveillance assistée par ordinateur) est un sujet qui fait régulièrement débat dans les rencontres auxquelles nous participons. Même si la marque semble très présente dans les esprits, il n'en est pas moins que le système, dans son fonctionnement concret, semble assez méconnu, notamment des éducateurs sportifs aquatiques.

Pour pouvoir mieux parler de ce système, qui va, en toute logique, dans le sens de la sécurité, nous avons été conviés, avec Pascal Lebihain, au siège de Poseidon à Paris, pour recevoir de plus amples informations sur le fonctionnement du système.

Nous avons été chaleureusement accueilli par le directeur, Thierry Boeglin, qui, dès notre arrivée, nous a proposé une démonstration in situ. C'est donc flanqué d'un mannequin que nous sommes partis à la piscine de Boulogne, pour tester le système (nous remercions par ailleurs les équipes de cet équipement).

Comment fonctionne le système ?

Le Système Poséidon est composé d'un réseau de caméras aériennes et subaquatiques offrant une vision multi-redondante de la totalité bassin reliées à une unité centrale qui analyse, à l'aide d'algorithmes complexes, les trajectoires des nageurs en temps réel (voir schéma ci-dessous).



Lorsqu'un corps est immobile sur le fond du bassin, dans un délai de 10 secondes, le système alerte les maîtres-nageurs par l'intermédiaire d'une sirène et d'un écran qui affiche en temps réel son emplacement exact et le temps écoulé depuis le début de l'alerte. Un moniteur de vidéosurveillance permet également de localiser et de visualiser l'incident (voir ci-dessous).



Qu'en est-il sur le terrain ?

Le système ne détecte pas 100% des corps immobiles ! Il existe des zones, ou des conditions locales (turbidité de l'eau, conditions d'éclairage, ...) qui ne permettent pas à l'ordinateur de pouvoir détecter un noyé potentiel. Le système informe les maitres nageurs qu'il fonctionne alors dans un mode "dégradé", indiquant les zones "invisibles". Après avoir testé l'efficacité de Poséidon au beau milieu du bassin, nous avons volontairement mis le système en difficulté en plaçant le mannequin dans les coins, ou sous une ligne d'eau (ce sont les zones de vulnérabilité du système). Agréable surprise, le mannequin a aussi été détecté mais, dans ces zones, ce n'est pas le cas tout le temps, précise Thierry Boeglin.
"Le système Poséidon est un outil d’aide à la surveillance conçu pour assister les maîtres nageurs, non pour les remplacer ou réduire leurs responsabilités ou leur vigilance. Poséidon ne sauve pas les personnes de la noyade, ceci est le rôle des professionnels.
En aucun cas, la présence ou l’utilisation de Poséidon ne doit être prétexte à diminuer la surveillance des bassins ou à modifier son organisation telles qu’elles sont requises par la réglementation ou l’usage courant".
Le pourcentage de détection de la machine semble avoisiner les 80%, ce qui est plutôt satisfaisant pour un système sensé apporter une aide.  C'est ici que l'on comprend les conséquences que pourrait avoir un usage détourné de ce système, avec la possibilité d'entrainer, incidemment, une baisse du niveau de vigilance des maitres nageurs. 

Une utilité certaine, une certaine pertinence au problème de la noyade en piscine

L'examen de la littérature montre, d'une part, qu'un certain nombre d'études, dans leurs conclusions, soulignent l'importance d'une détection précoce de la séquence accidentelle de noyade. En effet, si pour de multiples raisons il est parfois difficile pour les maitres nageurs de détecter la noyade (pendant sa phase aérienne, dans le cadre d'une noyade primaire par exemple), il est encore plus difficile (voire quasi impossible) de détecter la noyade dans sa phase sous marine (cas d'un noyade secondaire par exemple).

D'autre part, les écrits montrent à quel point la détection doit opérer précocement pour laisser le temps au maitre nageur d'intervenir. Des spécialistes de la physiopathologie de la noyade affirment qu'une victime immergée devrait être secourue en 30 secondes afin de maximiser ses chances de survie et de réduire le risque de séquelles. En effet, on considère que la détection doit opérer en 10 secondes pour laisser 20 secondes au maître nageur pour intervenir.

Vous pouvez suivre l'activité de la société Poséidon ainsi que la revue de presse autour de la noyade en piscine publique qu'elle met en ligne sur son compte Facebook.


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