vendredi 5 septembre 2014

Revue de presse concernant un accident à fort impact médiatique. Le cas d’une noyade mortelle dans une piscine municipale de Toulouse (Août 2014).

Les informations collectées par alertes et autres flux d’information proviennent – essentiellement - du journal MetroNews. Ce billet est rédigé uniquement sur la base des éléments livrés par la presse. 


Synthèse des faits – la crise

L’accident s’est produit le 31 Aout 2014, dans un bassin de faible profondeur (entre 0,5m et 1,0m en fonction des articles) réservé aux non-nageurs et concerne un enfant de 5 ans qui jouait, a priori, non accompagné d’un adulte, avec son frère de 7 ans, et un cousin dont on ignore l’âge. La victime ne savait pas nager et ne portait pas de système de flottaison. La maman, habillée, ayant pourtant payé  son droit d'entrée, se trouvait à environ 20m du lieu de baignade de son fils, dans un espace dédié. Au moment des faits, la météo était plutôt maussade et l’équipement peu fréquenté (sans connaître avec précision le nombre de baigneurs dans l'eau).

La victime semble avoir été détectée inanimée en phase sous-marine vers 16h15 par les enfants à proximité puis remontée en surface par un homme (sans doute un usager). Semble s’en être suivie, l’intervention des MNS (pour la réanimation cardio-pulmonaire) puis des sapeurs-pompiers. La presse ne fait pas état de l’intervention du SAMU ou du SMUR bien que la victime ait été déclarée décédée pendant le transport. 


L’organisation sécuritaire au moment du drame 

Au moment de l’accident, et conformément au POSS, il semblerait que le bassin eut été surveillé selon la configuration suivante : 3 MNS, dont 2 en poste fixe et 1 en poste mobile « les MNS étaient présents et surveillaient ». L’élue en charge du service des sports indique que d’un point de vue strictement règlementaire, l’effectif était largement suffisant pour assurer la sécurité des usagers. On fait ici, de facto, référence au POSS puisqu’il n’existe pas, en France, de textes qui règlementent les effectifs de surveillance dans les piscines publiques. Le nombre de surveillants affectés à la surveillance en piscine publique relève bien de la compétence de l’exploitant.


Informations concernant la post-crise

La piscine fût fermée le lendemain matin, pour réouvrir le lendemain après midi. Selon la presse, les MNS sont choqués et ont reçu comme consigne de ne pas communiquer sur le sujet. 


L’enquête semble soulever, d’ores et déjà, quelques pistes de réflexion :

  • La question de l’accompagnement des enfants et de l’hygiène sur les bassins : Le règlement intérieur de l’établissement prévoit, a priori, que pour des raisons d’hygiène, les personnes habillées ne peuvent accéder aux plages des bassins ; la maman du petit garçon étant habillée s’est vue refuser un accès a proximité du bassin, l’empêchant, par la même, de surveiller son enfant de manière rapprochée. A ce sujet, ce que semble préciser le règlement intérieur, c’est que la partie peu profonde de la baignade ou l’enfant s’est noyé est placée sous la surveillance des parents. Le règlement semble du reste préciser que les enfants de moins de 10 ans doivent être accompagnés d’une personne de plus de 16 ans. Deux questions restent, pour le moment, en suspens : Cela veut-il dire que cette zone n’entre pas dans la zone de surveillance des MNS ? Sans doute que non ! C'est la surveillance de tout l'établissement qui doit être assurée, sans exception. Le cousin accompagnateur avait-il plus de 16 ans ?
  • La question de la vigilance des MNS : Un autre article, appuyé par des témoignages d’usagers, pointe du doigt le manque de vigilance des MNS. Cet article est, de mon point de vue, intéressant car il soulève – entre autre - la question épineuse de l’intrusion des tâches annexes dans la mission de surveillance mais aussi celle du maintien de la vigilance chez les MNS. D’autres réactions dans la presse orientent la réflexion autour du manque de moyens. Pourquoi le bassin n’était-il pas équipé, en complément, d’un système de vision assistée par ordinateur, dans le but de faire retentir une alarme sonore lorsqu’un corps s’immobilise au fond du bassin ?


Conclusion

Pour l’heure, les causes de la noyade restent inexpliquées. L’autopsie pratiquée, a priori, cette semaine permettra de connaître avec précisons les causes de la mort pour répondre à la question cruciale : S’agit-il d’une noyade primaire ou secondaire ? Les bandes de vidéosurveillance (de vidéoprotection, en fait), seront apparemment étudiées. 

Cet événement doit nous faire prendre conscience, que la noyade en piscine publique, qu’elle soit mortelle ou non mortelle, reste possible. L’emballement médiatique autour de cet accident met à jour des réflexions qui concernent tous les exploitants et les professionnels des piscines à propos de la question de la vigilance et de l’efficacité des MNS, du nombre de MNS, de l’accompagnement et de la surveillance des enfants, mais aussi des règles d’hygiène.

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