mercredi 21 juin 2017

La noyade sèche n'existe pas ! Pas plus que ...

Nous remarquons, de plus en plus, que les médias font un usage abusif du terme noyade. Or, il n'existe pas de définition médicalement acceptée du terme noyade sèche - dry drowning - pas plus que des termes comme noyade bleue, quasi noyade, noyade vraie, noyade fausse, noyade retardée, noyade humide, etc.

La seule définition de la noyade est celle qui a été validée par l'OMS suite aux reflexions menées par un groupe de chercheurs constitué principalement de médecins et d'experts en sécurité aquatique. La noyade est donc définie comme suit : La noyade est une insuffisance respiratoire résultant de la submersion ou de l’immersion en milieu liquide.



La noyade constitue un problème de santé publique majeur. Une prévention efficace suppose l’application de programmes et de politiques permettant de faire face à des facteurs de risque connus dans le monde entier. La surveillance a toutefois été rendue plus difficile par l’absence d’une définition homogène internationalement acceptée permettant de comptabiliser tous les cas pertinents. Une nouvelle définition faisant l’objet d’un consensus a donc été élaborée au niveau international. Des experts en médecine clinique, en épidémiologie des traumatismes, en prévention et en secourisme du monde entier ont participé à une série d’ateliers ainsi qu’à des discussions par courrier électronique. Un examen approfondi a eu lieu pour déterminer si les définitions précédentes étaient appropriées et quels devraient être les principaux éléments d’une nouvelle définition. Le consensus auquel les experts ont abouti était que la nouvelle définition devait englober tous les cas de noyade, mortels ou non. Après un dialogue et un débat prolongés, la définition suivante a été adoptée : « La noyade est une insuffisance respiratoire résultant de la submersion ou de l’immersion en milieu liquide. » Les issues de la noyade seront classées de la manière suivante : décès, séquelles et absence de séquelles. Les experts ont également convenu par consensus qu’il ne fallait plus utiliser les expressions noyade mouillée, sèche, active, passive, silencieuse ou secondaire. Ainsi, une définition simple, complète et internationalement acceptée de la noyade a été mise au point. Son utilisation devrait permettre d’appuyer les activités futures de surveillance de la noyade dans le monde et fournir des informations épidémiologiques plus fiables et plus complètes pour traiter ce problème mondial de santé publique, souvent évitable. (Source : OMS)
La noyade sèche est un terme qui n'a jamais été défini médicalement. Pourtant, par méconnaissance, de nombreux médias l'utilisent abusivement, comme synonyme de noyade secondaire. Le terme noyade secondaire, lui, a été utilisé pour décrire l'absence d'eau dans les poumons (dans 10 à 20 pour cent des autopsies réalisées sur des cas avérés de noyade). Le laryngospasme joue un rôle majeur dans certains cas en protégeant les voies aériennes de l'innondation : en effet, pendant le processus de noyade, très peu d'eau entre dans les poumons, généralement moins de 2 ml/kg de poids corporel, d'après le collectif de médecins-experts. 

Pendant la RCP, la petite quantité d'eau dans les poumons est absorbée ne pose a priori pas problème ; elle peut provoquer une toux (qui peut empirer dans les heures qui suivent). Le principal problème de la noyade est l'anoxie cérébrale. La gestion médicale de la victime est la même, peu importe la quantité d'eau présente dans les poumons. C'est ainsi que la distinction entre noyade humide et sèche a été abandonnée sur le plan clinique.

Si un enfant quitte l'eau en bonne santé et que des symptômes se développent plus de huit heures après la baignade, les parents devraient consulter et envisager un diagnostic autre que la noyade primaire telle que nous l'entendons (ou la noyade à retardement). D'autres pathologies, ayant pour origine une cause infectieuse, méritent d'être recherchées comme par exemple une pneumonie.

Ces confusions terminologiques et sémantiques sèment le trouble et entravent encore davantage la production de données épidémiologiques fiables. 

1 commentaire:

  1. Je suis tt a fait en accord avec vous sur la sementique employé... mais la nous parlons bien de sensibilisation de la population... pensez vous réellement que les 3/4 de la population connaissent toutes ces pathologie.. et que les medias qui peuvent etre un vecteur de sensibilation aux population donne la sémentique exacte avec les mots medicaux (genre hypoxie dut a un oap) au risque de perdre en compréhension la plupart de l audimat... non je ne pense pas.. apres le terme antinomique de noyade seche est plus marquant que les termes medicaux employé et les gens s en souviendront plus facilement... au finale qu est qui est le plus important? La vulgarisation d un terme nom medical ou pouvoir sensibiliser des gens a ce genre de cas... je deplore certe l abaissement langagier a des termes reductif et simple de la societé mais malheureusement cette désévolution linguistique est réelle.

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