lundi 9 avril 2018

Evaluation de la capacité des MNS à détecter un mannequin immergé. Combien de temps faut-il pour voir ?

C'est à l'occasion de la 5ème édition du colloque national Piscine & Sécurité qui s'est tenue à l'université de Poitiers les 5 et 6 avril derniers que nous avons présenté de nouveaux résultats de recherche. Inédits !




Si par le passé nous nous sommes intéressé à l'effectivité de la surveillance en piscine publique d'accès payant (PPAP), nous avons cette fois-ci orienté notre réflexion sur son efficacité. En effet, la surveillance peut très bien être effective, en d'autres termes constante, mais est-elle pour autant toujours efficace ?


Dans la perspective d'apporter des éléments de réponse à cette question, nous avons tenté d'évaluer l’influence de différentes variables (fréquentation, éloignement, type de poste de surveillance, profondeur) sur la capacité de détection des MNS d'un mannequin immergé simulant une submersion accidentelle dans des conditions artificiellement recréées proches de la réalité lorsque la surveillance est effective. 

Le recours à une méthodologie collaborative, c'est-à-dire avec le concours de MNS volontaires et acteurs du test, permet d'éviter la stigmatisation d'une corporation "prise en défaut" et d'affaiblir la culture de l’erreur. Cela permet également de limiter les risques liés à une véritable intervention d’urgence du MNS dans l’eau (ou du recours potentiellement risqué à un apnéiste en cas de tests clandestins).

Nous avons donc réalisé 108 immersions de mannequin dans les 3 bassins de 2 piscines de Grand Poitiers en faisant "tourner" les variables (et les sous-variables associées) que nous souhaitions contrôler. Précisons que nous n’avons pas réalisé d’immersion dans des zones non visibles des postes de surveillance. En revanche, nous avons procédé à quelques "faux lancers". C'est-à-dire que nous avons demandé au MNS de détecter alors que le mannequin n'était pas immergé dans le bassin afin de garantir la validité scientifique de notre protocole.

Les implications préventives issues de ce protocole de recherche sont nombreuses. Les premiers résultats ont été présentés au colloque et feront prochainement l'objet d'une publication scientifique que nous ne manquerons pas de communiquer.

Nous remercions très chaleurseument les membres de notre équipe de recherche (Pascal Lebihain, Loïc Le Minor, le Pr Bastien Soulé), les MNS volontaires, le "faux public", les étudiants de la licence professionnelle AGO des APS de Poitiers mais aussi la Communauté Urbaine Grand Poitiers sans qui ce protocole aurait eu du mal à se concrétiser. 

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